Le Business Model du Journalisme Face aux Défis du Buzz

journalisme information web internet machine à écrire

A travers leur existence en version papier, ils se construits une image et une légitimité auprès des lecteurs. Tel support est connu pour son sérieux, tel autre pour sa capacité à créer la polémique, l’autre pour sa tonalité décalée, l’autre pour la justesse de ses infos en économie, l’autre pour l’exhaustivité de ses infos sportives etc etc…

Mais avec internet, les possibilités sont soudain illimitées des 2 côtés. D’une part, ils ont plus de concurrence (blogueurs et même internautes qui publient). De l’autre, la quantité d’infos à publier n’est plus limitée par le support physique du papier.

Et c’est là où le problème éclot et certains foncent tête baissée dans le piège.

Leur réaction devant la hausse de la pression concurrentielle (« contenu » écrit/photo/audio/vidéo disponible à profusion sur le web) et l’étendue des nouvelles possibilités : une fuite vers l’avant matérialisée par une obsession pour la maximisation de l’audience du site (nombre de visiteurs).

Excités par l’étendue des possibilités offertes, ils publient à tout va, voire traitent des sujets à priori au-delà de leur scope.

Non pas que ça me dérange qu’ils fassent dans le buzz et les anecdotes. C’est une stratégie comme une autre. Mais, quand je vais sur La Nouvelle Tribune ou TelQuel, je ne m’attend pas à trouver la même chose que si je vais sur Goud ou Maroc insolite.

En tant que consommateur, je n’ai pas le mêmes attentes (« realistic consumer expectations »).

Je suis aussi surpris de trouver un article de buzz chez un site d’info économique supposé sérieux, que si je trouve un article d’analyse sérieux chez un site de buzz supposé décalé.

In fine, c’est l’image de marque et la légitimité de la publication qui peut en prendre un coup. Or, le principal actif d’un journal/magazine est sa réputation!

Les quelques centaines voire milliers de visiteurs supplémentaires attirés par le buzz valent-ils la peine de risquer de brouiller son image de marque ? Il y’a certainement un calcul de coût/opportunité à faire.


En réaction au texte ci-dessus, une discussion a commencé online, à laquelle Zouhair Yata (La Nouvelle Tribune), Mohamed Ezzouak (Yabilady), Smael Sebti (Agence WBC) et @OneBerkeley ont pris part :

discussion journalisme technologies twitter 1

discussion journalisme technologies twitter 2

Puis la discussion s’est portée sur les origines et les causes de cette propension à mettre en avant le « buzz » et la responsabilité des lecteurs :

discussion journalisme technologies twitter 3

2 sites d’information anglophones ayant réussi à tirer leur épingle du jeu dans cet environnement en constante évolution ont été cités : Huffington Post et Buzzfeed.

discussion journalisme technologies twitter 5

Le principe de Buzzfeed est de mêler divertissement et information (dit « info-tainment »). Il vient d’être valorisé par les fonds d’investissement à 850 Millions $, soit 3 fois la valeur du Washington Post (marque historique à la légitimité reconnue).

Buzzfeed journalisme salle logo ordinateurs technologie

discussion journalisme technologies twitter 6

Il a été remarqué que le succès de ces sites s’expliquait davantage par la puissance des outils technologiques utilisés que par la nature de leurs contenus.

discussion journalisme technologies twitter 7

Pour finir sur le besoin de trouver un équilibre qui prenne en compte les impératifs économiques (donc le besoin de construire son audience) sans remette en cause la légitimité du support.

discussion journalisme technologies twitter 8


Khalid Tritki (journaliste) et Mohamed Ezzouak (Yabiladi) ont également développé leur point de vue sur cette question :

khalid tritki journalisme information web internet mohamed ezzouak journalisme information web internet

Le journalisme et « le marché de l’information », tout comme les producteurs de contenu artistique, sont fortement challengés par la révolution technologique.

Les industries du cinéma et de la musique ont négligé l’importance de cette transformation, l’ont payé au prix fort et cherchent aujourd’hui des solutions innovantes. Le journalisme aurait tort s’il en faisait de même, puisque l’évolution de ce marché ne fera que croître de manière exponentielle.

journaliste passif attitude internet technologie

Bien sûr, au-delà de la capacité à trouver un équilibre entre légitimité de la marque et typologie des contenus, le web leur présente bien d’autres défis :

Par exemple, et comme le prouve ce billet, l’appropriation des commentaires par les réseaux sociaux (Facebook et Twitter en tête) et la difficulté à centraliser un débat.

Ou la quête d’un business model économiquement viable : perdant plusieurs sources de revenu traditionnels (comme les petites annonces), visant une cible qui s’est habituée au tout-gratuit sans devoir payer (le crowdfunding ou micro-paiements seraient-ils des pistes intéressantes ?), les journaux sont de plus en plus dépendants de la publicité.

Le post original publié sur Facebook

Suivre ce blog sur Facebook, Twitter ou Google Plus.

A propos Yniim

Blog : yniim.wordpress.com --- Facebook : fb.com/Yniim --- Twitter : @Yniim
Cet article, publié dans Technologie & Startups, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

UNE QUESTION ? UNE REMARQUE ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s