The Wolf of Wall Street : Chronique d’une Société Sans Limites

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Le « Loup de Wall Street » est une sorte de « Scarface » politico-financier où prime le libéralisme économique. Une sorte de « Wall Street » (le film) avec une pointe d’humour absurde et déjanté. Un film qui trouvera sans doute un écho auprès d’une génération marquée par les absurdités de la finance, la crise économique et leurs conséquences terribles.

Cependant, je ne comprend pas les critiques négatives qu’il essuie auprès des médias. Il s’agit d’un excellent film porté par de fabuleux acteurs [Di Caprio mériterait un Oscar] et un Scorcese au sommet de son art.

Certes, c’est un peu violent (sexe, drogues, meurtres), mais il faut le voir comme une comédie noire. Les personnages sont souvent dans l’excès, mais il s’agit d’une caricature assumée par le réalisateur pour mieux servir son propos. C’est cette dimension du film qui n’a pas été saisie par les personnes qui l’accusent de glorifier de manière irresponsable l’enrichissement à outrance, la misogynie et les drogues.

Il y’a tellement de sujets intéressants qui sont traités de manière subtile : les relations humaines et le rapport à l’argent, les jeux de pouvoir et les manipulations, la loyauté et la trahison, la compassion et l’humiliation, les notions de limite et de régulation… qu’il serait dommage de s’arrêter à une lecture superficielle du film.

Et puis cette sublime scène finale où Jordan Belfort, lors d’un séminaire, demande aux personnes dans l’audience de lui vendre un stylo afin de vérifier leurs compétences commerciales. Ils bafouent quelques mots en guise de tentative. Puis la caméra de Scorcese survole la salle. Des visages anxieux, mais captivés et intrigués, défilent : ce sont tous des Belfort en puissance. Le spectateur est mis face au public, donc face à lui-même, à ses envies, ses craintes et, in fine, ses propres contradictions.

Scorcese ne juge pas. Il montre LA réalité et non pas SA réalité. Comme tout grand réalisateur, il alimente la réflexion du téléspectateur et le laisse décider. Et c’est peut-être cela qui dérange des médias habitués à une vision manichéenne de la société.

Perso, ce que j’en retiens : L’histoire folle de Jordan Belfort n’est qu’un miroir de nos sociétés et trouve sa genèse en chacun d’entre nous. Je vois surtout en ce film une réflexion sur les notions de liberté et de limites (d’où un parallélisme fort avec la finance débridée et ses excès). Et, au-delà du libéralisme économique, il nous interpelle également sur son pendant : le libéralisme social.

« Voyez le monstre que vous êtes capables d’enfanter » semble nous dire ce film.

Bref, j’ai adoré ce film et je le recommande🙂

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Un commentaire pour The Wolf of Wall Street : Chronique d’une Société Sans Limites

  1. Yousra dit :

    Très bien l’analyse de la scène finale ! Et le texte en général. Honnetement, je n’ai pas perçu de portée « symbolique » dans le film en regardant, il faut dire qu’il y’a tellement de violence de drogue de sexe de cris de scènes bizarres qu’il est difficile d’y voir une histoire avec une grande morale

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